Médias VS grévistes

Les médias s’acharnent ces derniers temps à nouveau sur les grévistes. Pas un jour ne se passe sans que l’on puisse lire un article qui attaque les grèves à répétition. Mais quelque chose vient de surprendre encore plus cette presse ; l’annonce officielle qu’une grosse branche syndicale désire faire tomber le gouvernement ! Certains éditoriaux titrent en grand : « grève politique » en sous-entendant que celle-ci serait manipulée par le PS. Or ce que ces journalistes oublient, c’est qu’une grève est toujours politique. A partir du moment où l’on fait grève pour quelconques revendications, on fait une grève politique, et ce n’est pas parce qu’on a des revendications sociales qu’on est forcément socialistes.

 

Le PS a tout intérêt à rester encore un peu dans l’opposition

Certains journalistes idéologiques essayent tant bien que mal de démontrer que cette grève est d’idéologie socialiste… Manipulée par les socialistes. Seulement ils oublient pas mal de choses à leur équation simpliste : le PS est encore fort bas dans les sondages, il est ralenti dans sa progression par la montée du PTB. S’il devait y avoir des élections demain, le PS y perdrait des plumes. Cependant, de sondages en sondages, plus le temps passe et plus le PS limite la casse. Pourquoi ? C’est simple, plus un gouvernement de droite devient impopulaire, plus les gens se redirigent vers la gauche. Si le PS voulait le pouvoir, il l’aurait simplement aux prochaines élections.

De plus, nous avons vu que même Paul Magnette dénonçait les grèves à la SNCB. Alors les rouges sont soit super nuls en communication, soit pas vraiment de tout cœur avec les grévistes. Notons que même Marcourt, ténor du PS, a dénoncé plusieurs fois ces grèves.

 

Le PS est un parti social-démocrate, pas révolutionnaire

Des cours d’histoire seraient les bienvenus à ceux qui s’étonnent de grèves « politiques instrumentalisées par le PS ». La stratégie des socialistes est bien de moraliser le capitalisme, c’est à dire de le rendre moins dur envers les travailleurs et les précarisés. Ils veulent apporter une justice sociale, réduire les inégalités, augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs,… Bref une cohabitation pacifique qui arrondirait les angles des épines de la dure loi du marché. Dans ce cadre-là, comment imaginer un PS pousser à la grève au finish aujourd’hui et risquer de  voir le mouvement social déborder de sa base ?

Ensuite, les socialistes souhaitent un changement par les urnes, pas par la rue. Ils veulent appliquer leurs idées à partir du 16 rue de la loi, pas avec un mouvement populaire qui appliquerait la loi de la rue. Ils sont beaucoup trop conciliants et si ils n’étaient pas débordés par leur base , ils critiqueraient avec plus de véhémence les grèves se désolidarisant sans doute de ce mouvement, on l’a déjà vu par le passé.

Bref, amis journalistes, svp, faites mieux votre métier en informant correctement les gens, pas en étant la caisse de résonance du gouvernement fédéral.

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